Lou

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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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l'heure à Lushan

France + 7 heures

 

pour mémoire

Survival

 

Uncontacted tribes

 

Un lien en un clic sur les images.

1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 01:15
Au comptoir_05 – en croisière

_ salut, les p'tits godets, salut Mimile ! toujou dans l'mille ?

_ salut Popol ! no t'attendait a'c Bébert, Dédé, Gégène, Juju, Riri, et un blanc cass' ! a'c eul z'olives.

_ de c't'heure, vous êtes v'nus a'c les fumelles et les chiards !

_ et Momone ! c'était comme ça et pas aut'ment qu'a dit Lou.

_ qu'ien, v'là l'z'invités ! Camarade Des Pas Perdus de la Butte !

_ Salut, la compagnie !

_ Dame Yueyin des Arpents de Neige et Mr Kiki du Kikimundo !

_ Bonjour, bonjour le terroir !

_ Conte Jimidi du Village de l'Ile de Beauté !

_ ♪♫♪ Tourni tournicoti, tourni tournicoton ♪♫♪

_ Seigneur Bab El Ouest des Landes !

_ Le tirage au sort est-il la panacée ?

_ Frère Patrick de l'Enfant Jésus et Maistre Jacky de la Musique Avant Toute Chose !

_ Hommage à vous tous !

_ c'est pô l'tout de c't'affaire, mais qui qu'no fait de c't'heure à midi ?

_ Lou a dit midi, qu'ien, le v'là !

_ Chers amis ! Partons ! Notre carrosse nous attend devant la porte.

Au comptoir_05 – en croisière

_ Sans le moindre bagage ? Monsieur Mimile nous a dit : sans bagage !

_ Tout est prévu. Trousseau pour chacun, trousseaux pour tous ! Salle de bains ! Notre marmiton est aux fourneaux. Embarquons !

_ Vous pouvez vous rafraîchir dans la salle d'eau avant le déjeuner, mais à toute gente dame, tout honneur ! Momone, nos accompagnateurs vont vous mener au bain...

_ c'est point l'heure !

_ … Allons !

 

Dans le salon bleu et or, on sert un verre de Lillet en apéritif, puis on passe à table : truite du gave, isard aux cerises, légumes du jardin cuits à la japonaise, et une salade verte avant les fruits et les fromages. Les vins sont soigneusement choisis en fonction de chaque mets et la délicatesse du gibier en sauce aigre-douce s'accompagne d'un rare Tavel.

Au jardin japonais passionnément entretenu depuis de nombreuses années, on goûte un très vieil et excellent Armagnac.

 

_ Nous partons pour Antibes ! En chemin, vous pourrez vous reposer, partager des jeux de société ou voir de belles images.

Combe de Gers, AC/DC, Highway to Hell

 

_ Antibes ! Les amis ! Notre yacht nous attend pour une croisière du nouvel an.

Au comptoir_05 – en croisière

_ Installez-vous, vos cabines sont prêtes, nous dînerons en mer.

_ tudju, c'est ben arrangé c't'e programme !

 

Le maître queux est à l'œuvre. Un caviar de la Neva et des blinis encore chauds sur leurs serviettes, suivis d'un potage royal Saint-Germain, d'un suprême de sole au château d'Yquem, de cailles sous la cendre, d'un carré d'agneau Edouard VII, d'un riz à la grecque, de morilles, de fonds d'artichauts florentine et d'une salade Danicheff, d'une bombe glacée et de fruits variés – le tout allé avec les crus les plus fins.

 

_ Bientôt minuit ! C'est le temps des bonnes résolutions.

_ Camarade Des Pas Perdus de la Butte ?

_ Je prends la résolution de faire toutes mes provisions le dimanche pour contribuer à la non-décroissance de notre économie et à la non-faillite de notre Pôle Emploi.

_ Dame Yueyin des Arpents de Neige ?

_ Je prends la résolution de ne plus acheter davantage de livres que je ne mange de chocolats.

_ Mr Kiki du Kikimundo ?

_ Je prends la résolution de ne prendre aucune résolution.

_ Conte Jimidi du Village de l'Ile de Beauté ?

_ Je prends la résolution de ne plus chercher la quadrature du cercle.

_ Seigneur Bab El Ouest des Landes ?

_ Je prends la résolution de confier à Momone la constitution de la VIe République.

_ Frère Patrick de l'Enfant Jésus et Maistre Jacky de la Musique Avant Toute Chose ?

_ Nous prenons la résolution de réfléchir avant de dire des âneries.

_ La fin approche !

 

_ Minuit ! Bonne année à tous ! On festoie, on chante, on danse !

 

* * * * * BONNE ANNEE 2017 ! * * * * *

 

- - -

 

Au comptoir_01 – ça va changer

http://www.libellus-libellus.fr/2015/12/au-comptoir-01-ca-va-changer.html

 

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

http://www.libellus-libellus.fr/2016/01/au-comptoir-02-2016-annee-du-changement.html

 

Au comptoir_03 – l'année du maqu'reau, une moqu'rie

http://www.libellus-libellus.fr/2016/06/au-comptoir-03-l-annee-du-maqu-reau-une-moqu-rie.html

 

Au comptoir_04 – à tribord toute

http://www.libellus-libellus.fr/2016/10/au-comptoir_04-a-tribord-toute.html

 

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 00:15

Encaisser

 

Mon employeur n'était pas une serpillière, il était même garde des sceaux, un peu ministre. Depuis quarante ans, j'étais à sa charge, il se traînait dans les couloirs de la place Vendôme en déprimant sa litanie : mes charges, mes charges, mes charges... Même le Cinzano du Vendôme ne réjouissait plus la grisaille de son éminence. Alors Max, dit La Gâchette, vint. Il ne cherchait pas ses contrats au Pâle Emploi mais sur le terrain, de préférence au zinc. Là, il repérait les désespérés solubles : costume trois pièces de l'avenue Marceau, portelingue épais, la misère prodigue au coin de l'œil.

 

_ Un Cinz' ! T'en prends ?

_ Je ne vous connais pas. Qui êtes-vous ?

_ Max. Je rends des services. T'as un souci avec ta belle-mère ?

 

Un portelingue et un porte-flingue étaient faits pour s'entendre.

 

_ C'est Jean-Marie. Depuis quarante ans, il me prend l'équivalent de son salaire pour la retraite, et maintenant c'est moi qui doit encore casquer. Je n'en peux plus.

_ Reprends un Cinz'. Si tu veux, je passe à l'encaissement chez lui, un accident bête est vite arrivé. Tarif syndical, majoré des frais d'hôtel, il ne t'ennuiera plus.

 

Samedi, 9 h, on sonne.

 

_ Monsieur Jean-Marie, je présume ?

_ Lui-même.

_ Depuis quarante ans, l'employeur qui vous aime s'est vidé les fouilles avec vos bonnes et loyales charges. Il est temps d'effacer l'ardoise.

 

Lou de Libellus apporte le petit-déjeuner.

 

_ Ne prenez garde au désordre, nous avons fait la crémaillère de la retraite. Vous prendrez bien un café ou un thé, peut-être un Cinzano ?

_ J'déteste pas le Cinz'.

_ Jean-Marie, un café ? Je prends le thé. Buvons à la pendaison !

 

Shplaoush !

 

_ Je te l'avais dit, l'effet est immédiat, indétectable, sans saveur.

_ Comment s'en débarrasser ?

_ Le chantier de la maison de l'inculture n'en est qu'aux fondations...

 

* * *

 

Couler

 

_ Mes amis, chers amis et administrés ! Nous sommes heureux de vous accueillir à l'inauguration de notre grand chantier en culture !

Clap, clap, clap...

_ Cette nuit, nos vaillants employés municipaux ont délaissé la pelle et le rateau pour couler un petit ciment rapide, la scène, la folie du spectacle !

Clap, clap, clap...

_ Applaudissons Los Flamenco's de Saona et leurs rythmes endiablés !

Clap, clap, clap...

_ Le buffet est ouvert, Cinzano pour tous !

 

Le maire avait dépensé sans compter... sans compter que le ciment allait se fendre et s'effondrer sous les rageurs talons des danseurs.

Un bras surgit de terre.

On reconnut Max La Gâchette, alias Croquemort, alias Requiem. Il était bien connu dans les bars des quartiers chics. Dès qu'il se pointait, on lui préparait son sacré Cinz' au zinc. Il était également connu des services de police, mais on n'avait jamais réussi à le coincer.

Le légiste était formol : mort naturelle.

 

L'inspecteur Ducros, chargé de l'enquête, se décarcasse.

Sur l'agenda de Max, la dernière adresse conduit chez un certain Jean-Marie.

 

_ Inspecteur Ducros, brigade criminelle, j'ai quelques questions à vous poser.

_ Je vous en prie. Un thé, un café, un Cinzano ?

_ Tiens ! Un Cinzano ! Soyons fou !

 

Lou de Libellus émerge.

 

_ Encore un ! Il va falloir trouver un autre chantier...

 

* * *

 

Déloger

 

_ Je vais déloger.

_ Oui, Jean-Marie, ce serait prudent.

_ J'ai de la famille et des amis en Corse.

_ Les gares et les aéroports seront surveillés. Il reste la route, jusqu'à la côte. Je vais te trouver un bahut pour le déménagement. En attendant, tu prépares ta caisse à outils, je vais arranger ton vieux bahut.

 

Chez Dem&Co, au dépôt, les camions étaient toujours dispos, clés en main. Un coup de cisaille pour le portail, une pincée pour le marron qui faisait des faux papiers et des plaques plus vrais que nature, un coup de peinture et Lou&Co était au sec.

 

_ Je ne te dis pas que ce sera confortable mais pour la route c'est suffisant, personne ne verra le double-fond de ton bahut.

_ Et pour la traversée ?

_ C'est différent. A l'entrée du ferry, le contrôle est différent. J'ai un pote armateur qui te conduira sur l'île. On va un peu démolir ton antiquité – pour ce qu'elle vaut !

_ Et après ?

_ Le pote te dépose chez Tonio et je te rejoins avec tes meubles. Un chalet en plein maquis. Tu verras.

Encaisser

Là, il vécut heureux et longtemps parmi les cochons sauvages dont on ne le distinguait pas.

 

* * *

 

Sur une idée de Jean-Marie Dutey, onzième dan en architecture ronde.

 

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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 00:15
Au comptoir_03 – l'année du maqu'reau, une moqu'rie

_ salut, les p'tits godets, salut Mimile ! toujou dans l'mille ?

_ salut Popol ! no t'attendait a'c Bébert, Dédé, Gégène, Juju, Riri, et un blanc cass' ! a'c eul z'olives.

_ t'as t'y 'tendu causer d'la moqu'rie ?

_ ho, la patronne ! on a pus d'munitions, tu nous fais r'monter eun caisse ? c't'ell'-là, pou les lâcher ! et des tartines, a'c eul jornal !

_ ben, c'est eun moqu'rie pou bosser plus et gagner moins, c'est comme ça et pas aut'ment.

_ même eul dimanche ?

_ eul dimanche, c'est la loué maqu'reau, en plus mieux.

_ et Momone, qu'è fait l'hareng d'la Bastille, qui qu'è va faire du maqu'reau ?

Au comptoir_03 – l'année du maqu'reau, une moqu'rie

_ qu'iens ! c't'y pô mame Yueyin de c't'heure ?

_ dimanche, alle est dans l'maqu'reau.

_ Monsieur Mimile ! Vous ouvrez donc le dimanche ?

_ c'est la loué, vindju !

_ Monsieur Popol ! Vous êtes de sortie le dimanche ? A'c Bébert, Dédé, Gégène, Juju, Riri !?

_ no z'est citoyens !

_ no causait d'la moqu'rie et d'la loué maqu'reau que l'merlan d'à côté, ded'puis, y frise eul'ridicule en rasant les murs, mouaaarfff !

_ Ah ! On en a passé des nuits, tous debouts !

_ et vot' pêche a rendu ?

_ Ils vont nous faire le 49-3...

_ le soixante-neuf à trois, tudju ! c'est com' des bêtes !

_ qu'iens ! n'en v'là eun aut'.

Au comptoir_03 – l'année du maqu'reau, une moqu'rie

_ Camarade Des Pas Perdus ! Bonjour, la compagnie !

_ ho, la patronne ! y a du monde !

_ no causait du quarante-neuf debout, c'est spécial, hein.

_ Le 49-3, c'est un article scélérat de la constitution, le gouvernement peut faire passer n'importe quelle loi sans l'assemblée démocratiquement élue.

_ boudju ! pou qui qu'no z'irait voter alors ?

_ Demandez à Lou.

Au comptoir_03 – l'année du maqu'reau, une moqu'rie

_ Votez, ne votez pas, l'immuable est éternel.

_ ho ! Mimile ! no z'est en panne eud'vitamines !

_ Cherchez, ne cherchez pas, mieux vaut chercher là où il n'y a rien que trouver là où il y a quelque chose.

 

- - -

 

Remerciements à Arthurin pour sa magistrale présentation du projet d'la moqu'rie.

 

- - -

 

Au comptoir_01 – ça va changer

http://www.libellus-libellus.fr/2015/12/au-comptoir-01-ca-va-changer.html

 

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

http://www.libellus-libellus.fr/2016/01/au-comptoir-02-2016-annee-du-changement.html

 

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 00:15
Hervé Chayette, 76, avenue Marceau – an ordinary man

Hervé Chayette, 76, avenue Marceau, Seuil, 2005

 

Le narrateur, enfant, croyait que les Champs-Élysées étaient le centre du monde. Des Champs à l’avenue Marceau, et, dans le trop vaste appartement familial, de chambre en chambre, il retrouve ses terreurs, ses premières espérances, en une promenade qui ressemble à un inventaire. « A présent, parfois, au milieu de la nuit, dans un demi-sommeil, je visite et je revisite dans le détail cet appartement où chaque recoin recèle un souvenir mauvais, ou un souvenir trouble. » Au passage se dessine une galerie très bourgeoise de portraits : parents, amis, précepteurs, domestiques, premières amours, mélancoliques et carnavalesques. Mai 68, quelques « maos » ajoutent à cet accrochage des figures qui, en fin de compte, ne déparent guère. C’est plutôt celle de la Mort assise qui inquiète le plus.

« Les souvenir et les oublis sont logés à la même enseigne… Seules comptent les âmes mortes, celles qui me rendent visite à la tombée du jour, quand l’hiver fait la nuit trop précoce. »

La promenade s’interrompt, le récit tire sa révérence au sortir de l’adolescence.

H. C.

 

Hervé Chayette est né en 1947. Ancien élève de l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, agrégé de lettres classiques, il exerce la profession de commissaire-priseur.

4e de couverure

Hervé Chayette, 76, avenue Marceau – an ordinary man

Hervé Chayette, 2012

Les bulles ne sont pas d'un mousseux d'chez chaptal.

 

I

Avenues

Lorsque nous nous installâmes avenue Marceau, mes parents et moi, il me sembla que je m'éloignais, même si de très peu, de ce que je considérais alors comme le centre du monde : les Champs-Elysées. C'était comme si j'avais quitté la scène pour la coulisse, le décor pour son envers, la suite donnant sur la mer pour une chambre sur cour.

 

Suit un long travelling de la mémoire en remontant les Champs-Elysées.

Cafés, cinémas, magasins.

[…]

le Prisunic (toujours là), grouillant de petites vendeuses à croquer ;

[…]

le Français, café à la réputation sulfureuse, car, selon mon père qui ne les aimait guère, c'était un rendez-vous de pédérastes ;

[…]

Sinfonia […], Lido-Musique […], j'y acquis mes premiers disques de jazz : Jelly Roll Morton, Art Tatum, et mes maîtres ès boogie, Memphis Slim, Albert Ammons et Pete Johnson.

 

Memphis Slim, Every Day I Have The Blues, Kansas Fields on drums, R.T.F., Studio 4, 30 juillet 1962

 

[…]

Un peu plus loin dans la rue [de Marignan], une petite annexe, un café plus populaire où mon père m'emmenait parfois prendre le petit-déjeuner, et nous nous gavions d'énormes croissants dégoulinants de beurre. Sempiternelle plaisanterie de mon père au garçon :

– J'espère que ce ne sont pas des croissants Bayard ?

– ???

– Oui, des croissants Bayard : sans beurre et sans reproche !

[…]

le Fouquet's, que je n'ai pas cessé de fréquenter depuis l'enfance.

 

Depuis le café Le Rostand à Paris, Olivier Barrot s'entretient avec Hervé Chayette, 2005

 

Dress Code Chayette, 2005

 

C'est brillant, savant, élégant avec juste ce qu'il faut d'un peu canaille pour épicer.

Hervé Chayette, 76, avenue Marceau – an ordinary man

Lou de Libellus, Londres, avril 1979

Quelle bassesse, quelle indécence, une offense au bon goût.

I'm an ordinary man, why can't he be like me ?

 

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 01:15

C'est Carnaval !

Chahutons la belle-mère !

Que la fête commence !

 

Ces témoignages ont paru sur Mémoires anthumes, le second blog inconnu. Ils méritent la cimaise de Libellus.

 

* * *

 

La belle-mère

13 juillet 2015

La belle-mère - L'intégrale de la saison 1

_ Eh beh, ileu faut faireu des écônomieus. Ong gagneu petit et on fait des écônomieus. Pluss on gagneu petit, pluss ileu faut faireu des éconômieus.

La belle-mère oubliait que la maison s'était montée presque gratuitement, grâce aux apprentis en bâtiment d'une proche EREA que tenait le neveu cadet Jean-Michel et aux fournisseurs tenus par le neveu Jean-François.

L'aîné neveu avait épousé une agence d'assurances qu'il avait développée en créant deux autres offices dans la région – où il était devenu conseiller. Il tenait les marchands de pierres et de ciment, le garagiste qui offrait une voiture à moitié prix, sans bénéfice, sans TVA, avec un crédit – agricole – sans intérêts.

Il cumulait les boutiques et les mandats. Une fois, il avait eu affaire à un sot qui lui avait fait un redressement fiscal sur un petit million de francs oubliés, dix pour cent – pour l'amende, et de son revenu.

Une belle demeure dans la commune voisine dont il était le maire, juste à côté de chez Laurent Fabius. Cohabitation pacifique – entre milliardaires –, sans dialogue – entre gens qui n'ont pas le même parti pris.

L'agence d'assurances déprimait. Il avait pris une danseuse, à l'Opéra de Toulouse, il a craqué : sa moitié exigeait la rupture ou le divorce, elle gardait le patrimoine.

Il a choisi la fortune, mauvaise fortune, dégénérescence cérébrale. On a pu en voir le premier signe dans la presse, le jour où, sur un marché, il a lancé une tarte à la crème sur la tête de son concurrent en élections.

Ensuite, il fuguait, il ne savait plus où il était, on le retrouvait et on le ramenait à la maison. Le jour où il a glissé dans la piscine, son agence, aimante et fidèle, l'a placé à l'hospice annexé au petit hôpital de convalescence du village de la belle-mère. Il fuguait encore, on le retrouvait dans une chambre qui n'était pas la sienne, et puis il n'a pas su qu'il était mort.

 

* * *

 

La belle-mère, le retour

1er septembre 2015

La belle-mère - L'intégrale de la saison 1

20 h 40.

_ Allo ? Je suis où ?

_ Vous êtes chez moi, dit-il.

_ Et c'est où, chez moi ?

_ C'est chez moi, je dormais, longtemps je me suis couché de bonne heure.

Là, elle ne connaît pas.

_ Hé ben, je suis pas au 05...2543 ?

_ Non, mamie, vous êtes chez moi.

_ Hé ben, j'ai fait une erreur.

_ Vous êtes une erreur. De la nature, ajoute-t-il.

Le 2543, c'est une entreprise de peinture. On n'y connaît pas la belle-mère, et puis on ne voit pas comment ni pourquoi la mamie de Lombez appellerait de la peinture à 500 kilomètres et à 20 h 40.

Une nuisible. Ensemble, chassons les nuisibles.

 

* * *

 

La belle-mère 3 – elle s'accroche

23 septembre 2015

La belle-mère - L'intégrale de la saison 1

La belle-mère rappelle à onze heures. Il ne répond pas. Elle laisse un message, pieusement conservé.

Salut, ma DoDo, je croyais que c'était toi qui m'avais appelée, j'ai refait ton numéro, mais ce n'est pas toi apparemment, qui c'est qui m'a appelée, c'est le mystère, pour le moment, je te fais un poutou, ciao.

Ce n'est pas lui non plus, l'opérateur téléphonique le dira, le moment venu.

Alors, vous voyez, quand vous appelez un correspondant qui ne répond pas – il est absent –, vous laissez un message comme : je t'appelais, je te rappellerai ou tu peux me rappeler au 05 62 62 35 84 – oui, il devient très concrètement très précis puisqu'il s'agit désormais d'appels malveillants, c'est un délit, il va porter plainte.

Quand vous vous rendez compte que vous avez involontairement fait un faux numéro – la messagerie vous dit : vous êtes bien au 05...20 43 –, vous ne laissez pas un message.

Tu capisci ? Ciao !

 

Olivier de Benoist, L'éloge funèbre de la belle-mère, 22 février 2014

 

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1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 01:15

_ salut, les p'tits godets, salut Mimile ! toujou dans l'mille ?

_ salut Popol ! no t'attendait, y sont v'nus, y sont tous là ! Bébert, Dédé, Gégène, Juju, Riri et les autres, avec leurs dames et les chiards.

_ la teuf à Mimile !

_ ce soir, 'tention ! mousseux doux, cuvée chaptal ! et tartines au lomp !

_ chaptal d'chez chaptal ?

_ y'a qu'lui, un vrai magicien, un hecto d'blanc à 7°, cent kilos d'suc', y t'sort deux fûts d'champain'.

_ Mimile ! tu les sors ou quoi ?

_ hé ! la patronne ! t'as t'y ouï ?

_ …

_ aaahhh ! c'est du vrai, fi d'garce !

_ et les tartines !

_ ...

_ qu'iens, t'attends du monde ?

_ c'est les potalous que j't'ai causé, des meussieurs d'la ville qu'ont fait l'école.

_ Bonsoir Monsieur Mimile, salut la compagnie !

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ mame Yueyin, vous fait' honneur à l'établissement et on va vous fair' nos hommages avant la minuit.

_ Hu, hu... Je vous présente ma fille, Emily, étudiante en anthropologie, la pasionaria du tatami...

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ v'nez que j'vous baise, no connaît les manières.

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Et mon Escargolio, tripoteur de bits, notre coquille chèrie, avec Tristan, notre grand, lycéen en 1e STL – biotechnologies.

_ entre hommes, on s'la secoue ! il est pas écocolo au moins ?

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Morgane, l'aînée, étudiante en sciences du langage et psychologie : elle vient de publier un mémoire sur la fonction ergastique du langage.

_ dame ! ça donn' soif, c't'affaire-là, on a pris qu'eun caisse, on a pas commencé, quoi ! ho, la patronne ! on a pus d'munitions, tu nous fais r'monter eun caisse ? c't'ell'-là, pour les lâcher ! et des tartines !

_ On sent bien l'air de la campagne, tout comme Monsieur Lou nous l'avait dit, et que c'est pittoresque ! Oooh, vous êtes allé au Japon ?

_ même qu'on y est arrivé à pied par la Chine !

_ mouaaarfff ! on a beau la connaît', on en rit toujou !

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ ça, c'est comme eun églis' pour eux, on a pris l'grand modèle chez GiFi, avec les loupiot', on l'mettra t't à l'heure pou l'ambiance, et c't'air euqu'vous respirez, c'est l'lisier à Gégé, il a pas pu v'ni, il a eun truie qui va vêler, mais il a envoyé les rillettes qu'vous aurez quand c'est qu'on aura fini l'lomp.

_ qu'iens, n'en v'là d'aut' !

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Codex Urbanus, enlumineur des grises rues parisiennes.

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Camarade Des Pas Perdus, un gauchiste fondu.

_ vindju !

_ Celui-là est très doux.

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Jimidi, alias Jean-Marie Dutey, écrivain et accessoirement agent secret – ses lunettes le prouvent.

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Julie Van Rechem, professeur d'histoire, géographie, éducation civique.

_ tudju ! c'est un nid !

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Karine Minier est restée dans les frimas de son Québec natal d'où est également venue Dame Yueyin – elle nous a envoyé une photo où on la voit en compagnie de Yueyin et d'Escargolio lors d'un récent séjour.

D'autres également n'ont pas pu venir : Brigitte, Laure, Mireille... et tant d'autres.

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Partageux...

_ y s'rait-y pas com' l'aut' ?

_ Oui, très doux.

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Jacky (à gauche), professeur de clavecin, avec Téki dont on ne voit que la laisse.

_ ya don' pus qu'des professeurs de c't'heure ! ?

_ Il faut vous y faire, Monsieur Mimile.

_ & Patrick (à droite), artiste peintre.

_ et eun artiss' maint'nant...

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Oiron, la collégiale, une œuvre de Patrick : on voit mieux Téki.

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

Rod Lediazec...

_ 'cor' un !?

_ Il faut vous y faire, Monsieur Mimile.

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Xavier Baudequin, Xaba de son nom de code...

_ cod' de d'qué ?

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Héritier du dahu et père spirituel du renouveau ancien, triple ceinture noire de karaté, il est actuellement en mission au Brésil – l'avenir du monde occidental est en jeu !

_ eun missionaire de c't'heure !

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Maître en iaidō, l'art de dégainer son sabre le premier et de trucider un importun, si vous voyez, Monsieur Mimile...

_ … euh... oui... la caisse ! Bébert ! tu laisses les tabourets aux dames ! Dédé ! les tartines ! Riri ! Fais péter les roteuses !

_ Hummm, c'est très fin, ça se mange sans faim.

_ c'est du lomp, c'est comme des œufs de l'hareng d'la Bastille [le hareng de la Baltique], avec de la sardine de portugaise ensablée, sans ça c'est fade.

_ Mais où trouvez-vous toutes ces merveilles ?

_ ça vient d'chez Momone, elle les roule à la main sous les aisselles, à c't'heure elle a pô pu v'ni, è fait son bain, comme tous les ans, eul 31 d'décembe, pour conserver, è met un truc à elle, sans ça y a des trip' romaines [tréponèmes] ou d'la chaux d'pis, è fait la vache, mais on sent pas.

_ …

_ ho ! eun caisse ! on vid' son verre, on finit sa tartine, et qu'ça pète !

_ Oooh, je me sens déjà tout chose...

_ on va v'z'arranger, mame. Juju, tu fais les verres ! allez ! tous ! ♪♫♪ amie Yue, amie Yue, lève ton verre et surtout ne le renverse pas, amie Yue, amie Yue, vide ton verre... et glou et glou et glooouuu ! elle est des nô-ôtres, elle a bu son verr' comme les au-autres ! ♪♫♪

_ Je ne me sens pas bien...

_ au fond d'la cour, Gégène, tu vas avec.

_ …

_ c'est l'pain des tartines, quand no z'a pô l'habitude... allez ! ♪♫♪ Ami Codex, ami Codex... et glou et glou et glooouuu ! ♪♫♪

_ …

_ Aaaaahhh !

_ hein ! ? tu 'n'as pas du comme ça à Montmart' ! ?

_ Faut r'connaître, c'est du brutal...

_ ...

_ J'me sens pus légère, com' après confess', pareil, y a comme eun édicul' en bois et m'sieu Gégène qui fait l'pet comme eul'curé.

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Mimile, tu mets la télé, y font les plum' eud z'Elysées en direc'.

_ a'c les dames et les enfants, tu crois ?

_ dame, c'est la nature.

 

Ensuite, on est passé aux rillettes, lumière friponne, on a fait sauter les bouchons, on a dansé, sur cet air-là :

 

Jacques Higelin, Champagne, 1985

 

Mais ça fait rien, mon con, on va te le remettre.

 

Jacques Higelin, Champagne, 1985

 

On a ri, on a ri, on a ri, surtout à minuit quand tout le monde a vomi.

 

*** Bonne année à tous ***

* * *

 

2016, année du changement

 

* * *

 

Starring Mimile as Mimile

Featuring

Bébert, Dédé, Gégène, Juju, Riri et Popol

Avec l'aimable participation de Codex, Despas, Emily, la pasionaria du tatami, Escargolio, Jean-Marie, Julie, Karine, Morgane, Partageux, Patrick & Jacky & Téki, Rod, Tristan, Xaba, Yueyin,

et Lou !

 

- - -

 

Au comptoir_01 – ça va changer

 

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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 01:15

_ salut, Mimile ! toujou' dans l'mille ?

_ salut, Popol, toujou' au pol ?

_ ho ! Mimile ! si qu't'as pô l'arthérose du coude, t'en ouvres une !

_ a'c eul z'olives !

_ au pol, ac' eul chômage, y a pus d'emploi.

_ t'as l'diplôme, quoi !

_ mat sup, ça fait huit.

_ …

_ no z'a rdoublé sept fois la p'tit' section.

_ c'est c'que no z'appelle eun titre.

_ ça va changer, t'as vu l'jornal, on m'la lu.

 

252 inscrits, 117 votants

FN 36,61%, Droite 21,43%, Gauche, 16,07%, Divers, 8,04%, EELV 6,25%, Debout la France, 5,36%

 

_ 36, ça fait que 41 ! pou' qui qu' no z'a pô fait l'doub' ?

_ y sont tous ac' Le Fen, y en a qui z'ont mieux allés à la chiasse. Pou' qui qu'y z'ouv' eul burnes l'dimanche ? Y sav' ben. Et tu connais Gégène, Lulu, Nono, des feignants, tous les feignants s'ront là aujourd'hui ! ça va pus êt' la vague marine, ça va êt' eul tumasmis com' y disent ! les bougnoul' vont fair' d'la place !

_ ho ! toi, tu travail' au noir, ha ha ha...

_ t'as vu ? y a 25 rouges et 7 écolos !

_ no les connaît, sale race ! t'as vu l'bilan ?

_ ar'garde, eul professeur !

 

_ Bonjour, mon petit Mimile – vous permettez que je vous appelle mon petit Mimile ?

_ j'permets pô, j'préconise, eun blanc cass' ?

_ Pour moi, ce sera un thé avec une rondelle de citron.

_ vous avez-t-y r'pris vos cours su' Libellus ?

_ Oui, et de nouvelles lectures vous attendent, Bébert, et en attendant, un sujet de dissertation : « Chercher la vérité est une erreur. »

_ vindju, m'sieur Lou, s'y faut r'tourner à l'école de c't'heure !

_ tudju ! y a des vérités qu'y faut mieux pô savoir, c'est c'que j'dis.

_ ho ! Mimile ! t'oublies que l'sujet, c'est cher-cher.

_ qui qu't'as, Popol, tu vas-t-y nous fair' la l'çon ?

_ Mao-tsé-toung l'a dit, après Lao-tseu : mieux vaut chercher là où il n'y a rien que trouver là où il y a quelque chose – je sais pus où j'ai vu ça.

_ hé, la patronne, tu nous fait r'monter eun caisse, y a Popol qu'a besoin d'fortifiant.

_ Ce que dit monsieur Popol est intéressant. Toutefois, on pourrait inverser les termes de sa proposition.

_ ho ! la patronne ! t'amènes eun aspirine avec.

_ oh, ms'ieur Lou, vous êtes professeur de politolinguistique à l'université Libellus.

_ Je viens de publier un mémoire sur Les éléments de langage érotiques dans le discours politique.

_ Germaine, tu ramènes le tube !

_ J'ai suivi le show électoral.

_ eul soir des burnes ?

_ La France politique se vautre dans la boue sexuelle. Le FN a effectué « une pénétration historique ». Le PS pratique « le retrait » (jadis vulgairement appelé « coitus interruptus »). « L'abstinence » – un bémol de journaliste – est de plus en plus répandue, tandis que le gouvernement ne réussit pas son « redressement » après trois ans de « préliminaires ». Les Républicains n'ont envoyé qu'une « vaguelette »...

_ et ça dit quoi, professeur ?

_ Eul caviar pour eul gauche, eul Champagne pou' les autres.

 

Jacques Higelin, Champagne, 1979

 

- - -

 

PS, LR et FN, mêmes combats...

 

Interview exclusive du Président Ubullande : "la victoire du FN conforte ma politique".

 

Que de médisance à propos de Monsieur Ubu !

 

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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 01:15
Julie Van Rechem, Prof jusqu'au bout des ongles – en scène

Julie Van Rechem, Prof jusqu'au bout des ongles, Stock, 2015 – couverture : Pierre Martin Vielcazat (STALLES)

 

Ce livre est celui que j’aurais aimé lire avant ma première rentrée des classes en tant qu’enseignante. Une voix qui m’aurait prévenue que ce métier est si humain qu’il vous bouleverse régulièrement. Une voix qui m’aurait empêchée de confondre l’institution, cadenassée et sclérosante, avec l’excitation et la gourmandise à faire progresser ses élèves. Une voix qui parle d’une expérience personnelle, sans généraliser, et qui rappelle que rien n’est jamais dénitif : ni le fait d’utiliser des manuels en classe, ni le fait que certains élèves s’évertuent à écrire en turquoise…

Futur ou ancien prof, parent d’élève ou même élève : j’aimerais que le lecteur referme mon livre en se rappelant que l’amertume et la grogne justiée des enseignants ne doit jamais faire oublier l’ardeur qu’ils mettent en entamant chaque heure de cours.

Selon l'éditeur

Julie Van Rechem, Prof jusqu'au bout des ongles – en scène

Julie Van Rechem est professeur d’histoire-géographie-éducation-civique-juridique-et-sociale en collège, au nord de Paris. Après sa première année, décevante, elle est partie pour l'Inde où elle a enseigné et s’est ressourcée pendant six ans. Elle est revenue pour notre bonheur et celui de ses élèves.

 

Ecoutez Julie.

 

France Culture, Rue des écoles, présentation : Louise Tourret, dimanche 15 novembre 2015

 

Prof n'est pas un essai sur l'enseignement, c'est le récit d'une (jeune) vie.

 

Dans l'extrait de Rue des écoles, on a entendu parler de peur. Qui a peur ?

 

Peur sur la classe

 

Durant ma formation, j'avais reçu d'excellents conseils pour organiser une séquence de cours sur la Méditerranée au XIIe siècle pour des secondes. En revanche, je n'avais aucune idée de ce qui me permettrait de créer un climat de confiance avec une classe, et encore moins une classe composée d'élèves venant d'un milieu radicalement différent du mien et aux habitudes scolaires aux antipodes de celles auxquelles j'étais rompue. Soyons clair : je n'avais aucune idée de la manière dont je devais m'adresser à eux ou dont je devais leur faire cours. J'avais seulement reçu çà et là le même conseil érigé en règle ultime de l'éducation prioritaire : j'allais devoir « les visser ». La métaphore bricoleuse ne s'expliquant pas, on la laisse parler d'elle-même et de ce fait personne n'a jamais su au fond ce qu'elle signifiait.

 

L'enseignement n'est pas un bricolage.

 

Julie n'a pas connu que de doux agneaux en classe mais le rapace n'est-il pas le grand prédateur de l'établissement, du rectorat, du ministère ?

Les gamins trichent ou tchipent, il faut être avec eux, devant eux.

 

Après six ans de vagabondage, elle revient sur les planches, les ongles vernis de bleu. En scène, il faut porter un masque.

 

Une classe est une chose mouvante, fluctuante, enthousiasmante, blessante, épuisante.

Julie Van Rechem, Prof jusqu'au bout des ongles – en scène

L'autorité maternelle... Même au collège les élèves disent encore « Maman » en appelant le professeur. Ce sont des Pikachus. Ils ont découvert leur histoire au musée Guimet, puis sont allés se rouler dans l'herbe du Trocadéro. Pikachus...

 

Le travail, tout travail, est épuisant. Chez les profs, c'est la voix qui casse. Et comme Lao-Tseu l'a dit, il faut chercher la voie...

Le théâtre apprend à poser la voix, à prendre une voix de masque qui permet de se faire entendre d'une large assemblée sans s'égosiller – une voix douce.

Julie Van Rechem, Prof jusqu'au bout des ongles – en scène

Pourquoi choisir l'enseignement de l'histoire ? Un souvenir d'enfance, « L'Histoire selon Dingo » – il y avait un épisode dans presque chaque Super Picsou géant.

 

Les perles...

Pourquoi Hitler s'est-il suicidé ?

Ben ché pas, […] parce que les autres allaient le tuer de toute façon alors...

 

Le professeur est un mystère, les élèves épient leur professeur pour percer le mystère de sa vie privée... où l'on trouve la machine à café, outil pédagogique essentiel, toujours en panne – c'est bien connu.

 

La vie avec un prof est un enfer. Le prof envahit tout l'espace avec ses livres, ses documents, ses copies.

 

Ensuite, il y a les attentats, que dire ?

 

A lire, d'autant que l'humour épice avec juste ce qu'il faut l'ensemble..., nous dit Des Pas perdus.

 

 

Julie Van Rechem, l'invitée de La Matinale sur LCI

 

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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 04:15

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 00:15

_ Salut, Ricou, toujou' dans l'coup ?

_ No z'est dans la passe...

_ Perd et manque...

_ Un drachme, j'te cause, drachmatique !

_ Et un τσικουδιά, a'c eul z'olives !

_ C'est les Grecs...

_ Les pédés ?

_ Pas tous, Gégèle, y en a 61 et 31 d'enc... sur cent qui veulent pus payer leur surprime.

_ Y l'ont eun ardoise ?

_ Tiens, remets-moi.

_ T'as de d'qué ? Pasqu'ici, no fait pas crédit.

_ Tu vois, c'est l'gars que l'gars d'à côté y connaît qui y a dit : les Grecs se sont fait mettre eud z'années par les croutiers...

_ ?

_ Les bancroutiers, les qui t'mettent en falite et qu'tu peux pus payer.

_ Salut, Ricou, salut Gégèle, no z'est pas des brêles !

_ T'arrives ben, Manu, on causait des Grecs.

_ Les pédés ! Y l'ont voté o'chie, comme y disent, et moi, no z'avait tout mis sur l'huile !

_ Un τσικουδιά ?

_ A'c eul z'olives.

_ J'vas t'dire, c'est que d'la po-li-ti-que.

_ Gégèle ! Faut tout y dire !

 

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